Et si nous n’avions toujours rien compris à la sexualité?

                                                                         De Didier Dumas

Comment être bien dans son corps et sa sexualité ?

Prisonniers de leurs névroses autant que de la rigidité de nombreuses théories psychanalytiques qui prétendent les combattre, les occidentaux n’atteignent cet objectif qu’avec peine. Aujourd’hui encore, la parole sur la sexualité est quasi inexistante, tant dans l’éducation des enfants qu’au sein des couples.

En créant des groupes de parole sur la sexualité, Didier Dumas a repris à la sagesse taoïste un principe simple : la santé spirituelle implique d’abord de savoir bien manger, bien déféquer et bien faire l’amour. Associant l’acupuncture, qui considère la sexualité comme le premier des remèdes, au travail de Françoise Dolto sur le « parler du corps », Didier Dumas montre qu’il est important, pour accéder au bien-être de connaître les premiers temps de la vie, ceux où se construit le domaine des sensations et de la circulation des énergies que la jouissance et l’orgasme remettent en scène.

Osez… découvrir le point G, d’Ovidie

A la recherche du mystérieux point G

Cette zone, située sur la paroi interne du vagin, est une source infinie de plaisir, pour qui sait l’apprivoiser. Ovidie répond ici à toutes les questions que l’on peut se poser à ce sujet : où se trouve le point G ? Quelle est sa texture ? À quoi ressemble-t-il ? Y a-t-il réellement des femmes « vaginales » et des femmes « clitoridiennes » ? Comment, enfin, provoquer l’une des manifestations les plus spectaculaires du plaisir : l’éjaculation féminine.

Ancienne actrice et réalisatrice, Ovidie est l’auteure de nombreux guides de la collection Osez, pleins de bon sens et de sensibilité : Osez les sextoysOsez tourner votre film X et La Sexualité féminine de A à Z.

Les 200 clitoris de Marie Bonaparte, d’Alix Lemel

À quoi rime cette histoire de « 200 clitoris » ? Et pourquoi le nom de Marie Bonaparte lui est-il attaché ?
« Deux cents clitoris », c’est l’échantillon que la princesse de Grèce dit avoir constitué pour son étude morphologique destinée à valider sa thèse sur la frigidité féminine : contre la théorie de Freud sur la sexualité, elle entend démontrer en 1924 dans son article « scientifique » signé A. E. Narjani que les causes en sont anatomiques.
Marie Bonaparte sait que Freud tentera de défendre sa théorie. Elle souhaite en découdre avec lui. Il foncera dans le piège.
À la manière d’une enquête policière, psychanalytique et littéraire, Alix Lemel raconte ce qui s’est joué dans la troublante relation entre Marie Bonaparte et Freud.

Alix Lemel n’est pas psychanalyste et ne connaît Freud et Marie Bonaparte que par les livres. Sa curiosité l’entraîne à s’étonner de petits détails qui lui paraissent sonner faux. Elle s’attache à comprendre (ou à imaginer) ce qu’ils peuvent dissimuler. Les 200 clitoris de Marie Bonaparte est son premier livre publié.

Le clitoris, cet inconnu

Mal connu autant par les hommes que par les femmes, l’anatomie réelle du clitoris a été découverte seulement en 1998 par Helen O’Connell, une chercheuse australienne grâce à l’imagerie par résonnance magnétique. Longtemps ignoré des médecins, souvent synonyme de honte et de culpabilisation, il est aujourd’hui fort heureusement réhabilité et l’objet de recherches de plus en plus nombreuses.

Un organe essentiellement interne
Le clitoris est développé quasi exclusivement à l’intérieur du corps féminin sur une dizaine de centimètres (entre 9 et 11 cm). Il a une anatomie en réalité très proche de celle du pénis, avec deux corps spongieux ( les bulbes vestibulaires) et deux corps caverneux (les piliers du clitoris) qui sont séparés par le vagin. Il se termine à l’extérieur du corps par ce qu’on appelle le gland du clitoris qui mesure quelques millimètres(jusqu’à 1 cm) et qui est donc la seule partie visible
du clitoris situé au sommet de la vulve et protégé par le capuchon du clitoris (équivalent du prépuce chez l’homme). Comme celui des hommes, le gland est très riche en capteurs sensoriels à l’origine du plaisir sexuel.

Le clitoris, siège du plaisir féminin
Contrairement à ce que l’on a pu penser pendant très longtemps, la jouissance féminine est essentiellement obtenue par stimulation clitoridienne et non par stimulation vaginale. Cette stimulation peut se faire soit au niveau du gland par des caresses ou au niveau interne au niveau du corps du clitoris lors de la pénétration. Ainsi, si seulement une femme sur deux environ admet atteindre l’orgasme lors d’une simple pénétration, le pourcentage s’élève à deux sur trois lorsqu’elles associent une stimulation externe du clitoris.

Clitoridienne ou vaginale ?
On ne fait plus la distinction entre orgasme clitoridien et vaginal, le clitoris est au cœur de la jouissance féminine n’en déplaise à certains notamment à Freud qui pensait que les femmes qui n’avaient qu’un orgasme clitoridien étaient immatures et névrosées. Ce qui a coûté à Marie Bonaparte, disciple et analysante de Freud bien des tracas, une réputation de frigide et deux opérations chirurgicales afin de rapprocher le clitoris de l’entrée du vagin dans l’espoir
toujours déçu d’un orgasme vaginal. Ce qui est aujourd’hui certain, c’est que c’est bien le clitoris qui est la clé de la jouissance, comme son étymologie nous l’indique, le mot clitoris venant du grec kleis qui signifie clé.

Et le point G alors ?
Et bien, bonne nouvelle, il existe vraiment mais ce n’est pas vraiment un point précis contrairement à ce que la plupart d’entre nous pense. Il s’agit en réalité de la zone de contact entre la partie interne du clitoris et la zone vaginale correspondant, située sur la partie antérieure du vagin. Une pression lors la de pénétration ou par tout autre moyen va permettre de stimuler le clitoris de l’intérieur et entrainer la montée du plaisir.

Et pour finir, une histoire de clitoris
Deux clitoris se rencontrent.
L’un dit à l’autre : – On m’a dit que tu es frigide?
Et l’autre répond : – Ce sont les mauvaises langues qui disent ça !

Docteur Céline Causse-Combal

Pour aller plus loin : 

Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan

Rien ne s’oppose à la nuit

de Delphine de Vigan

 

«  Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant de familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence. »

 

Delphine de Vigan tente à travers ce livre de raconter sa mère. Cette femme toujours un peu étrange, parfois complètement absente et qui à la suite de bouffées délirantes fut finalement diagnostiquée bipolaire. Mais que lui est-il arrivé ?

A travers l’enregistrement des membres de sa famille, elle tente de reconstruire l’enfance de sa mère, son histoire familial… et ses secrets

La petite fille sur la banquise, d’Adélaïde Bon

«  J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc.
Après, la confusion.
Année après année, avancer dans la nuit.
Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j’ai traversé mon passé, j’ai confronté les faits, et phrase après phrase, j’ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre.
Page après page, je suis revenue à la vie.  »

A. B.

Quand ses parents la trouvent en pleurs, mutique, Adélaïde ignore ce qui lui est arrivé. Ils l’emmènent au commissariat. Elle grandit sans rien laisser paraître, adolescente puis jeune femme enjouée. Des années de souffrance, de solitude, de combat.
Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert l’affaire dite de l’électricien, classée, et l’ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. On lui attribue 72 victimes mineures de 1983 à 2003, plus les centaines de petites filles qui n’ont pas pu déposer plainte.
Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde affronte le violeur en série qui a détruit sa vie.
 
Avec une distance, une maturité et une finesse d’écriture saisissantes, Adélaïde Bon retrace un parcours terrifiant, et pourtant trop commun. Une lecture cruciale.

La Sainte Folie du couple

La sainte folie du couple : Apprendre à vivre ensemble

                                                                de Paule Salomon

Du couple, nous connaissons souvent une histoire d’amour passionnelle ; une histoire de famille, de parents et d’enfants ; une histoire de conflit où deux êtres s’affrontent sans se comprendre.

Paule Salomon analyse en 7 étapes la relation homme-femme et son évolution, qui mène du « couple archaïque » au « couple éveillé », vivant l’amour en pleine conscience.

A l’aide de cas concrets, et forte de son expérience de thérapeute, elle montre les écueils, les frustrations, les rapports de force qui peuvent être dépassés par une analyse de soi, une écoute attentive de ses désirs et de ses paradoxes.

Les mécanismes de la jalousie

Nos rencontres nous apportent du plaisir, c’est bien pour cela que nous cherchons le contact avec les autres. Rendre service, discuter avec un ami d’un sujet qui nous passionne ou encore aimer plaire aux autres et capter leurs regards sont autant de buts que nous cherchons à satisfaire dans nos relations.

Lorsque le jaloux s’insurge des échanges que sa partenaire a avec les autres, c’est qu’en effet il perçoit qu’elle prend du plaisir avec d’autres que lui ! Seulement, il se trompe alors de scène…

Le sexuel en société

Dans toutes relations (amicales, professionnelles), il y a du sexuel. Les relations en sont infiltrées. Lorsque nous parlons de « sexuel », c’est pour désigner la source de la pulsion qui recherche la satisfaction, satisfaction qui ne se résume pas à la relation sexuelle, mais se décline de nombreuses manières : être vu, être écouté, briller etc.

Le jaloux n’a donc pas tout à fait tort, c’est à dire qu’il perçoit les coulisses, l’envers sexuel de la réalité sociale. Tout comme il n’a pas complètement tort lorsqu’il reproche à l’autre de désirer ailleurs. Seulement alors, il ne fonctionne plus sur un plan de la réalité extérieure mais sur le plan fantasmatique et inconscient. 

La tyrannie du jaloux

La jalousie peut s’exprimer par une simple remarque du partenaire sur une sortie avec des amis et aller jusqu’à la dispute et la crise de jalousie. Certains couples sont coutumiers de ce type d’échanges. 

Le jaloux qui aime et désir sa partenaire exige en retour, pour cet amour, d’être lui-même désiré et aimé. Seulement cette exigence est tellement forte qu’il en vient à ne plus reconnaître ce même droit à l’autre et finit par se comporter comme un tyran.

Dans certains cas, il peut lui même pousser l’autre à l’adultère : emprisonné(e) par la jalousie de l’autre, l’adultère peut être une solution « trouvé(e) » pour s’extraire de ce schéma, passage à l’acte qui symbolise une affirmation de soi.  

Fiction et illusion dans la réalité

La fascination exercée par la jalousie et sa présence récurrente dans les œuvres sont à la mesure du désir de réaménagement de la réalité qui nous fait tant aimer les histoires.  Et le jaloux en est un inventeur génial, en même temps qu’un consommateur effréné : s’enfermant dans un cercle vicieux, il en créer et s’en nourrit sans fin. Il se met à imaginer la réalité elle-même. 

La jalousie est avant tout une fiction que le sujet entretient et nourrit, fiction qui devient alors objet de souffrance et de torture.

L’exemple d’Othello(1) est assez parlant puisque Iago va lui proposer une interprétation des faits complètement erronés concernant son épouse : il va revisiter chaque geste, parole ou sourire pour en proposer une version différente. Othello va peu à peu y adhérer, et chaque élément de la réalité sera interprété sous l’œil de la méfiance et du soupçon.

Souffrance et jouissance 

La liaison entre souffrance et jouissance est bien mise en lumière dans l’article d’Alain Valtier (2). Le patient imagine sans cesse sa nouvelle compagne avec son ancien amant avec qui pourtant elle n’est plus en contact : « je n’ai jamais douté une seconde de son amour, mais je suis horrifié des rejets qui me viennent quand j’imagine leurs jeux érotiques. Je me fais des scénarios fabuleux, c’est infernal, je baigne dans le fiel, c’est plus fort que moi. Leurs ébats me sont autant insupportables qu’inoubliables. »

L’emploi du terme « scénarios fabuleux » montre bien la dimension de plaisir pris dans la souffrance. Le jaloux s’imagine souvent qu’un autre homme serait un meilleur amant qu’il ne l’est lui-même. Toutes ces pensées sont à la fois source d’une très grande souffrance, tout comme une source d’excitation physique lorsque le sujet y pense sans relâche et s’en trouve complètement prisonnier. Othello tuera Desdémone pas seulement pour la punir de son infidélité imaginaire, mais aussi pour se libérer du système dans lequel il est enfermé. 

France Bernard

1- W. Shakespeare, Othello, ed. Librio, 2003

2 – Alain Valtier, Jaloux! Moi, Jamais, In Patrick de Neuter et al., Clinique du couple, 2007, pp 149-166